CHARTE E.A.P (Détail)

jeudi 7 juin 2007, par Renaud

(texte téléchargeable en fin d’article)

« Vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Ac 1,8)

Pour une renaissance Ainsi commence l’aventure de l’Eglise : le don d’une force et d’une assurance, celle de l’Esprit qui a ressuscité Jésus d’entre les morts. Et ce don fait des témoins qui portent la Parole jusqu’aux extrémités de la terre. Depuis vingt siècles, la Parole de vie a traversé les épreuves, les faiblesses, les trahisons, elle a illuminé une multitude de vies d’hommes et de femmes. Et c’est pour cela que nous sommes disciples du Ressuscité, touchés par cette Parole, vivifiés par elle et, à notre tour, témoins du Christ vivant jusqu’aux extrémités de la terre.

Cette réalité du don de l’Esprit qui suscite un peuple de témoins pour être signe et porte Parole est aussi vraie aujourd’hui qu’au commencement. Le contexte dans lequel nous vivons est déroutant pour l’Eglise du Christ. L’impression de recul, d’écroulement est forte. Bien des façons de vivre l’Eglise et de transmettre la Parole et la foi s’estompent et disparaissent. Beaucoup en sont troublés et se demandent, inquiets, ce qui restera de cette Parole d’Evangile qui les a fait vivre.

Plus que jamais, alors même que, comme les Apôtres d’ailleurs, nous pouvons être troublés, il nous faut revenir à la source de l’aventure. Dieu nous a donné pour toujours sa Parole qui n’est rien d’autre que le Christ lui-même. Cette Parole, c’est la déclaration d’amour de Dieu à l’humanité, une Parole qui a pris chair de notre chair et qui nous a aimés jusqu’au bout, jusqu’à donner sa vie pour que nous soyons des vivants. Cette Parole de vie et de joie, cette Parole de bonheur, est capable de toucher en profondeur la recherche de vie de nos contemporains.

Nous laisserons-nous, Eglise du vingt et unième siècle, fortifier par l’Esprit Saint jusqu’à être des témoins joyeux de cette Parole vivante qu’est le Christ ressuscité ? Sa Parole ne touchera aujourd’hui que si, chacun et tous ensemble comme Eglise, nous la laissons façonner nos vies en profondeur. Nous ne sommes pas envoyés pour être des discoureurs, mais des témoins vivants d’une Parole vivante. C’est du Christ qu’il nous appartient d’accueillir bienveillance, respect et douceur quand nous allons à la rencontre de nos contemporains. Il y a dix ans, Benoît XVI, alors cardinal Ratzinger répondait à Peter Seewald qui lui demandait combien il y avait de chemins qui mènent à Dieu : « Autant qu’il y a d’êtres humains. »

La démarche de renaissance est avant tout une chance de retrouver la source et le cœur de la vocation et de la mission de l’Eglise. Voilà pourquoi les vingt deux communautés chrétiennes du doyenné de Pecq-Estaimpuis : Celles, Escanaffles, Molembaix, Popuelles, Pottes, Velaines, Amougies, Anseroeul, Orroir, Russeignies, Estaimpuis, Bailleul, Estaimbourg, Evregnies, Saint-Léger, Leers-Nord, Néchin, Esquelmes, Pecq, Hérinnes, Obigies et Warcoing, comme bien d’autres à travers le diocèse, sont entrées dans cette démarche. Vous voilà invités à renouveler profondément les grandes fidélités qui font de l’Eglise un peuple témoin et signe du Ressuscité.

« Ils se montraient assidus à l’enseignement des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières… Tous les croyants ensemble mettaient tout en commun … » (Ac 2, 42-47)

1ère fidélité : à l’enseignement des Apôtres L’enseignement des Apôtres, c’est le témoignage qu’ils rendent à la Parole. Le livre des Actes raconte la course de la Parole. La Parole de vie réveille et relève ceux et celles qu’elle touche, elle les ouvre à une vie nouvelle. Au sein de la première Eglise, les Apôtres doivent d’abord assurer le service de la Parole (Ac 6, 2-4). Leur enseignement consiste à la fois à catéchiser la communauté croyante et à témoigner vers l’extérieur. Il tient une place importante dans la vie de la première communauté. Les Apôtres auront le génie d’adapter leur prédication à leur public : à la Pentecôte, chacun des auditeurs les entendra dans sa langue annoncer les merveilles de Dieu.

Découvrir et partager la Parole

Dans certaines de vos paroisses, vous avez l’expérience de groupes de partage de vie et d’Evangile comme, par exemple, les maisonnées. Vous avez beaucoup insisté sur l’importance de tels groupes, vous rejoignez ainsi une grande orientation pastorale de notre diocèse. Il s’agit d’ « Oser la Parole » à la fois en osant ouvrir le livre des Ecritures et en osant partager entre nous la façon dont cette Parole nous rejoint et éclaire nos vies. Ces groupes sont des lieux où l’on peut apprendre à connaître la Parole de Dieu, à l’assimiler, à la confronter aux questions humaines essentielles. C’est aussi lors de toute réunion pastorale qu’il est important et riche de faire place à un partage et une écoute de la Parole et ainsi d’approfondir sa foi comme vous le souhaitez justement. L’Equipe d’Animation Pastorale (EAP) trouvera des pistes pour favoriser une découverte vivante de la Parole et soutiendra celles et ceux qui prendront de telles initiatives. Ainsi, elle veillera à goûter et à faire goûter au plus grand nombre le chemin vivifiant de la Parole qui est en définitive le Christ lui-même.

Catéchèse et formation

En évoquant la catéchèse, certains soulignent qu’il devient difficile de renouveler les équipes de catéchistes, d’autres racontent des expériences très riches de formation catéchétique pour les parents ou de catéchèse pour les adolescents qui sont déjà confirmés. Ces constatations ne conduisent-elles pas à reprendre à neuf dans la pastorale de votre doyenné la dimension de la catéchèse prise au sens large, comme un chemin d’initiation et d’approfondissement de la vie chrétienne où peuvent avancer ensemble des femmes et des hommes de toutes générations, des chrétiens de longue date ou de nouveaux venus ? Vous le percevez bien lorsque vous demandez que la catéchèse soit plus festive, qu’elle permette une vraie découverte du Christ et soit comme le début logique d’une vie de foi qui se poursuit ensuite. Ce souci d’une catéchèse largement ouverte à tous rejoint ce qui est proposé désormais à l’ensemble du diocèse. Il s’agit de décloisonner la catéchèse et de la proposer à tous et à tous les âges selon une grande diversité de rythmes. Désormais il s’agira d’élaborer un projet catéchétique commun à toute l’Unité Pastorale Nouvelle (UPN). L’EAP pourra faire appel au service diocésain de la catéchèse pour la réflexion et la mise en œuvre d’un tel projet.

Le souci de la formation des catéchistes et de tous ceux qui portent une responsabilité dans la pastorale devra animer l’EAP. Les formations proposées ne toucheront pas seulement l’intelligence mais contribueront à un ressourcement spirituel et ecclésial. Il s’agit d’aider chacun à nourrir sa foi et ses connaissances religieuses pour y ancrer la mission. Vous dites justement que vous avez besoin avant tout d’une nourriture, bien plus que d’une pédagogie.

La communication

La foi chrétienne porte en elle le désir de se communiquer. Il s’agit d’être présent à la vie de nos contemporains et de témoigner publiquement de l’espérance qui nous habite. Dans certaines circonstances, le témoignage chrétien passe aussi par des prises de parole audacieuses et prophétiques en lien direct avec des événements qui marquent la vie de nos villages et de leurs habitants. Par exemple, il est bon que nos communautés expriment à bon escient dans les médias locaux ce qui les fait vivre et ne craignent pas de proposer clairement leur point de vue en certaines circonstances.

Il s’agira aussi d’accentuer la visibilité chrétienne locale en améliorant de manière significative la qualité de la communication tant interne qu’externe. Ce ne sera pas simple de faire de votre doyenné très diversifié une seule unité pastorale. Vous souhaitez que des initiatives jusqu’ici locales soient désormais proposées à tous. Cela demandera que la communication entre les paroisses de l’unité soit améliorée. Dans ce sens, l’EAP veillera à mettre la question de la communication dans ses priorités : il sera bon d’en évaluer les moyens, la qualité et la fécondité. On encouragera chaque communauté à désigner en son sein un relais-communication, responsable de la communication pour sa paroisse. Des moyens nouveaux comme un site Internet peuvent aussi être utiles, d’autant plus que certains jeunes semblent prêts à s’y investir. Pour porter cette importante question, on pourra faire appel aux ressources diocésaines.

Soulignons enfin que communiquer, ce n’est pas d’abord utiliser des moyens de diffusion. C’est avant tout prendre le risque d’une rencontre sincère et profonde avec d’autres êtres humains. Et c’est dans cette rencontre et dans l’authenticité que nous y mettrons que notre témoignage touchera au cœur d’autres hommes et d’autres femmes.

2ème fidélité : à la communion fraternelle

Pour les premières communautés chrétiennes, la communion fraternelle signifie aussi le partage des biens matériels. Mais le partage des biens est l’expression extérieure de l’union spirituelle des croyants. Les Actes (Ac 4, 32) unissent explicitement les deux : "La multitude des croyants n’avait qu’un cœur et qu’une âme. Nul ne disait sien ce qui lui appartenait mais entre eux tout était commun."

Une Eglise fraternelle et ouverte

Vous avez exprimé, dans la consultation, votre désir d’une Eglise plus proche, plus vraie, plus accueillante, plus fraternelle. Vous rejoignez ainsi la sensibilité de beaucoup de chrétiens d’aujourd’hui. Cela doit être encouragé sans perdre cependant de vue le fait que la fraternité dont parlent les Actes est une réalité plus profonde et plus ouverte que la simple existence de liens amicaux entre ceux qui vont à la messe. L’Eglise elle est la fraternité de ceux qui se reconnaissent frères parce qu’ils croient qu’ils ont un même Père et qui se savent appelés à regarder tous les hommes comme des frères. C’est d’abord au plan de votre unité pastorale que vous pouvez vous-mêmes répondre à ce désir d’une Eglise plus fraternelle. Il s’agit notamment d’aider chacun à prendre conscience qu’il est pleinement membre de l’Eglise et qu’il y a sa place. Cela suppose un authentique partage des responsabilités.

Aller vers les jeunes

Un de vos ateliers a été tout entier consacré à la place des jeunes dans la vie de vos communautés. Ses conclusions méritent d’être reprises et mises en œuvre par la future EAP, c’est pourquoi je vous les transmets telles quelles et vous recommande de les mettre en œuvre en collaboration avec le service Pastoral des Jeunes du diocèse.

« L’évangélisation des jeunes doit être une priorité pour notre unité pastorale. Avant tout, nous voulons aimer les jeunes, leur faire confiance et intercéder pour eux, sans cela le reste est vain. Avant de leur demander de faire un pas vers nous, nous voulons aller vers eux. C’est pour cela que nous désirons rencontrer les jeunes où ils se trouvent, apprendre leur langage et leurs habitudes pour savoir leur parler, les écouter, nous mettre à leur niveau, les motiver. Il faut donc veiller à garder un contact direct avec les lieux où ils vivent. Nous pensons particulièrement aux écoles de nos villages (libres ou officielles), ainsi qu’aux mouvements de jeunesse qui nous l’espérons, trouveront pleinement leur place au sein de la paroisse.

En allant à leur rencontre, nous ne voulons pas oublier que nous sommes là pour annoncer l’Evangile. Nous ne devons pas avoir peur de leur proposer des chose vraies et fortes, profondes, une vie de sainteté. Pouvoir leur donner l’occasion de découvrir le Christ. Beaucoup de jeunes ne connaissent pas grand chose de lui. Pour cela, il serait bon de privilégier l’accueil et la rencontre de témoins. Nous sommes également conscients, que nous ne pouvons pas donner l’envie aux jeunes de vivre de la foi dans l’Eglise si les adultes n’acceptent pas de faire un chemin de conversion, d’être accueillants aux jeunes, et d’avoir sur eux un regard d’espérance !

Il nous faudra aussi susciter et encourager les groupes de jeunes et des lieux où ils se sentent bien, au sein desquels ils peuvent partager leur foi, échanger leurs idées, prier ensemble, faire des activités plus récréatives, créer entre eux des liens d’amitié. Il faut faire confiance aux jeunes, afin que ce soit les jeunes qui évangélisent les jeunes.

Pour aider les jeunes à vivre tout cela, l’unité pastorale souhaite soutenir tous les projets plus larges où les jeunes peuvent à la fois découvrir de nouvelles dimensions d’Eglise et faire la rencontre d’autres jeunes (J.M.J., marche des rameaux, communautés nouvelles, rencontres des acolytes, journée inter mouvements, journées régionales et nationales des mouvements… et même diffusion de livres et de sites internet.)

Nous avons aussi le désir d’ouvrir nos célébrations aux jeunes, qu’ils puissent y trouve leur place par la musique, les gestes, les lectures et leurs initiatives, mais aussi organiser des célébrations spécialement pour eux et par eux. »

Proximité

Les évolutions actuelles de l’Eglise et notamment la diminution du nombre de prêtres risque de rendre celle-ci moins accessible. Il est donc essentiel de mettre en place des façons de rendre l’Eglise repérable et accueillante à tous ceux qui ont l’une ou l’autre forme de demande à lui adresser. L’EAP devra stimuler les communautés à inventer de nouvelles formes de proximité dans les villages. Des personnes-relais pourraient contribuer à assurer, sur le plan local, un accueil vraiment pastoral des différentes demandes, un accompagnement des familles en deuil, des visites aux malades et à d’autres, un accueil des nouveaux habitants. Pour que le témoignage chrétien soit effectif, il faut privilégier la proximité, l’écoute, l’accueil. Ce souci de contacts concrets est en même temps une contribution au retissage du lien social tellement nécessaire aujourd’hui.

Solidarité

La mission de Jésus s’ouvre par cette proclamation : « La Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ». Prétendre faire place à Dieu, c’est aussi faire la première place à ceux qui n’ont jamais leur part (Déclaration diocésaine Avec les pauvres, contre la pauvreté, 1996). Cette conviction a depuis toujours suscité des initiatives de la part de l’Eglise et, en particulier, de la part de vos communautés. Des projets et des actions existent chez vous dans ce domaine notamment en relation avec des Eglises du Tiers Monde comme la paroisse de Kirimbi au Burundi. Vous avez cependant parlé peu de cette dimension de la vie ecclésiale dans vos ateliers. Il sera d’autant plus important que l’EAP veille à sensibiliser les communautés chrétiennes à l’importance d’un engagement avec les pauvres contre la pauvreté et encourage cet engagement. Comme le fait la déclaration de 1996, vous serez attentifs aux différentes dimensions et formes de la pauvreté : matérielle, sociale, culturelle, spirituelle. Plus largement, nos communautés ne peuvent se dispenser d’accueillir dans leurs préoccupations et dans leur prière les grandes questions de la société d’aujourd’hui comme la mondialisation, le chômage, l’avenir des jeunes, l’écologie, la paix… Dans tous ces domaines, il ne faut pas toujours créer des initiatives proprement chrétiennes ; il est au moins aussi important que les chrétiens s’impliquent avec d’autres dans les actions existantes.

3ème fidélité : à la fraction du pain Lorsqu’il rompt le pain - corps livré pour vous - , lorsqu’il fait passer la coupe de vin à ses amis – sang versé pour vous et pour la multitude - , lorsqu’il lave les pieds des siens, Jésus révèle le sens de sa vie donnée jusqu’au bout. Dès les débuts, la communauté chrétienne a reconnu sa présence dans la fraction du pain. Elle est la source de tout ce que doit être l’Eglise. Quand elle célèbre l’eucharistie, l’Eglise goûte déjà au Royaume qui est le terme de son pèlerinage terrestre. L’eucharistie est donc le cœur de la vie et de la mission de nos communautés. Elle est dès lors d’emblée ouverte sur toute la réalité de la vie des hommes et de la vie du monde. Votre vif souci de fraternité et d’ouverture trouve et trouvera vraiment sa place lorsque vous vous rassemblez pour la fraction du pain.

La célébration dominicale de l’eucharistie préoccupe beaucoup vos communautés. Vous demandez avec insistance que l’on continue à rendre les célébrations liturgiques plus créatives, plus riches, plus participatives. Il s’agit de veiller davantage encore à ce que chacun y trouve vraiment sa place. L’EAP et ceux qui ont une responsabilité dans la liturgie soutiendront les initiatives existantes et tiendront compte des suggestions souvent intéressantes que vous avez exprimées dans ce sens : accueil des familles, des enfants et des petits enfants, recherche d’un langage mieux adapté surtout avec et pour les jeunes, importance des chorales et soin à apporter aux chants, des célébrations plus festives qui rassemblent toutes les paroisses de l’unité pastorale.

De façon assez juste en même temps, vous percevez bien qu’il s’agit moins d’inventer sans cesse de nouvelles formes liturgiques que d’initier à la profondeur du mystère qui se donne dans la fraction du pain. Pour cela, il s’agit de bien intégrer une dimension de respect, de silence, d’approche d’un mystère qui nous dépasse et nous fait vivre en soignant par exemple la beauté des symboles, des gestes, des rites, de la décoration. Plus que de messes vivantes, n’est-ce pas de messes qui font vivre dont nous avons besoin ? Il sera certainement nécessaire prochainement de repenser pour l’ensemble de votre unité pastorale les célébrations dominicales ; cela demandera une réflexion en profondeur. Le service diocésain de liturgie peut accompagner une telle réflexion. J’insiste pour que désormais les décisions concernant la répartition des célébrations du dimanche soient prises au plan de l’ensemble de l’unité et non plus paroisse par paroisse.

L’EAP veillera aussi à relier les différentes communautés dans la réflexion et la pratique liturgique. La vie liturgique de nos communautés demande à être portée par des équipes liturgiques. Il s’agira donc d’encourager ces équipes, d’en susciter lorsqu’il n’en existe pas, d’avoir le souci de leur formation ; former les acteurs de la célébration ( lecteurs, acolytes, etc.) vous semble d’ailleurs une nécessité.

A travers l’eucharistie, c’est aussi toute la vie sacramentelle d’une communauté d’Eglise qui est en jeu. Celle-ci touche bien plus de personnes que les eucharisties dominicales. Cette large ouverture de la pratique sacramentelle n’est pas sans poser problème, elle demeure pourtant essentielle dans son principe car elle force nos communautés à demeurer ouvertes. Vous insistez à juste titre sur le soin qu’il faut donner à ces célébrations et vous soulignez particulièrement l’importance de la participation des familles et des jeunes dans la préparation et la célébration des baptêmes, communions et mariages. Ces célébrations coïncident avec les temps forts d’une existence humaine, mais ne peuvent pas être des moments isolés du reste de la vie. Aussi, l’accueil de ces démarches, leur préparation et leur prolongement sont vraiment importants et doivent être portés par des équipes compétentes et qui se sentent responsables. Il y a là des occasions propices pour ouvrir et partager de nouveaux chemins de foi avec les jeunes adultes dans l’accueil et le dialogue.

Un sacrement souvent oublié et qui touche pourtant à un aspect essentiel du mystère chrétien et d’ailleurs de toute vie humaine, c’est celui du Pardon. C’est peut-être au niveau de l’ensemble de l’unité pastorale ou du moins d’une partie importante de celle-ci qu’il faut en proposer une pratique renouvelée à certains grands moments de l’année liturgique. On pourrait envisager dans ce sens aussi une proposition de vivre le sacrement des malades de façon communautaire.

4ème fidélité : à la prière Un défi important et décisif d’aujourd’hui consiste à lier une mission engagée dans le monde avec une vie spirituelle profonde. Ce n’est qu’au prix d’une vie intérieure intense que nous pourrons rencontrer la quête de sens de nos contemporains (Envoi de Bonne-Espérance). Quelques réalisations existent déjà chez vous dans ce domaine : adoration du Saint Sacrement , plusieurs groupes de prière, la récitation du chapelet… Je vous encourage à conforter ce qui existe déjà, à mieux le faire connaître et à prendre d’autres initiatives encore, comme la mise en œuvre de lieux et de temps de prière ouverts au plus grand nombre.

Il est en effet essentiel que l’EAP veille à proposer à tous, et en particulier aux jeunes adultes, des outils, des lieux et des temps pour initier à la prière, dans ses formes diverses. Pour vous aider dans cette tâche, un service diocésain, l’école de la prière, est à votre disposition. L’équipe d’animation n’hésitera pas à faire appel à ce service qui propose aux unités pastorales qui le souhaitent divers modules d’initiation à la prière chrétienne.

Vos communautés ont aussi besoin d’autres formes d’assemblées que les assemblées dominicales. Il sera bon de proposer régulièrement des temps forts (rassemblements, retraites, pèlerinages) en paroisse ou pour le doyenné. La mission organisée il y a quelques années dans les paroisses de Celles et du Mont de l’Enclus avec la communauté Tibériade porte de nombreux fruits. N’hésitez pas à rassembler, en invitant un public spécifique comme des jeunes, de jeunes adultes ou des familles, des chrétiens qui prennent le temps d’échanger plus longuement sur la Parole et leur vie, de célébrer éventuellement l’eucharistie dans ce cadre et de partager ensuite un repas fraternel. Vos projets de « dimanches du doyenné » ou d’un rassemblement festif trimestriel en unité pastorale méritent d’être creusés.

Enfin, de nombreuses personnes, plus ou moins éloignées de l’Eglise, viennent chercher dans nos églises, un espace de silence, de paix, de méditation ou de prière. Trop souvent, malheureusement, elles trouvent porte close. L’EAP s’efforcera de sensibiliser les paroisses et leur conseil à l’importance de laisser ouverte leur église et au service qu’elles rendent ainsi aux hommes et aux femmes qui sont en recherche.

L’ensemble de vos paroisses devient au terme de cette démarche de Renaissance une unité pastorale nouvelle au sein de laquelle est créée une équipe d’animation pastorale (EAP). Cette équipe, composée de prêtres en responsabilité dans l’unité et de quelques laïcs, reçoit sa mission de l’évêque. Elle participe en quelque sorte à la mission du prêtre responsable, le doyen, d’animer et de coordonner l’ensemble de la pastorale de l’unité. Elle n’a de sens que s’il existe des communautés locales vivantes avec des équipes locales ou inter paroissiales. L’EAP est donc au service des différentes communautés de l’unité. Elle aura également à prendre des initiatives pour toute l’unité par exemple dans des domaines comme la catéchèse ou la pastorale des jeunes. Il importera alors que tous entrent dans ces perspectives communes.

L’EAP se réunira régulièrement (tous les quinze jours environ). Comme toute équipe à laquelle une mission d’Eglise est confiée, elle enracinera son travail dans la prière, l’écoute de la Parole, le service des hommes et le sens de l’Eglise. Les laïcs qui feront partie de l’EAP sont appelés à porter avec les prêtres la responsabilité de l’ensemble de l’unité. Ils seront choisis en raison de leurs capacités à remplir cette mission ; au sein de l’EAP, ils ne représentent pas leur communauté d’origine, mais portent le souci de l’ensemble. Sur base d’une liste résultant d’une large consultation, ces laïcs sont désignés pour trois ans par l’évêque. Pour le choix de ces laïcs, les critères suivants interviennent : manifester un vrai sens spirituel et pastoral, avoir déjà fait preuve de compétence dans l’animation pastorale, avoir le souci de la communion.

Cette équipe, comme l’ensemble des dispositions qui découleront de la démarche de renaissance, doit contribuer à raviver les fidélités essentielles qui font l’Eglise et la rendent rayonnante de Celui qui la fait vivre. Les Actes racontent l’accroissement continuel de la première communauté : Le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui trouvaient le salut (2, 47). Dans nos communautés, les statistiques ne manifestent pas pareil accroissement. Aujourd’hui comme hier pourtant, l’Eglise meurt lorsqu’elle se replie sur elle-même. Le désir de proposer l’Evangile, d’éveiller à la rencontre du Christ comme à la chance de naître et de renaître en humanité anime et doit animer nos communautés. Toute notre pastorale doit retrouver le tonalité de l’appel à suivre le Christ et à servir en Eglise l’annonce de l’Evangile, elle doit devenir en quelque sorte et au sens le plus large et le plus profond, une pastorale de vocation.

Guy Harpigny Evêque de Tournai

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